À la mémoire des enfants autochtones disparus

Des étudiantes et étudiants en psychologie et en travail social rendent hommage aux victimes des pensionnats.

12 Juillet 2021 à 15H21, mis à jour le 13 Juillet 2021 à 15H30

Dans le cadre d'une activité commémorant la mémoire des enfants décédés tragiquement dans les pensionnats autochtones, des étudiantes en travail social et en psychologie communautaire ont rédigé une prière, un poème ou une intention déposé dans un tissu. La psychologue et co-enseignante du cours Nibisha Sioui est entourée de deux étudiantes. 
 

Des étudiantes et étudiants à la maîtrise en travail social et en psychologie communautaire ont rendu hommage aux enfants décédés tragiquement dans les pensionnats autochtones. Ils ont rédigé une prière, un poème ou une intention déposé par la suite dans un tissu. L’activité commémorative a eu lieu dans le cadre de Pratiques holistiques et émancipatoires en milieu autochtone, un cours d’été donné par la professeure à l'École de travail social Shawna Hordyk, en collaboration avec la psychologue Nibisha Sioui (Ph.D. psychologie, 2017), Wendat et membre de la Première Nation Anicinape Abitibiwinni (Pikogan).

«Le cours, dont la plupart des séances se sont déroulées en présentiel, vise à mieux outiller les futurs professionnels qui souhaitent travailler avec les populations autochtones, tant en contexte urbain qu’en communauté, explique Shawna Hordyk. Il propose des outils d’intervention et de collaboration plus cohérents avec la vision du monde des communautés autochtones.»

Beaucoup de travailleuses sociales allochtones quittent les communautés parce qu’elles ne sont pas assez préparées et formées aux réalités autochtones du terrain, constate la professeure. «L’idée du cours était aussi d’apporter des éléments contextuels sur l’histoire et les réalités des Autochtones et d’offrir des moments d’échange et de discussion avec des membres des Premières Nations et des Inuits pour mieux comprendre leurs vécus», poursuit Nibisha Sioui, qui a transmis ses connaissances et partagé son expérience en tant que psychologue clinicienne auprès des communautés autochtones. Nibisha Sioui, qui pratique à Montréal, intervient également dans les communautés.

Des activités artistiques et culturelles complétaient le programme. L’animatrice innue Marie Émilie Lacroix a proposé, par exemple, une expérience éducative et interculturelle, l’exercice des couvertures. Cette activité a pour objectif de démontrer les effets du colonialisme tout en amenant les personnes participantes à se mettre dans la peau d’un ou d’une Autochtone. 

Nibisha Sioui a invité les étudiantes et étudiants à choisir des plantes sacrées et à les déposer dans leur tissu, à côté de leurs textes.

C’est à la suite de cette activité que les étudiantes et étudiants du cours ont eu l’idée d’exprimer leur solidarité avec les familles endeuillées et les survivantes et survivants des pensionnats. Pour accompagner leurs réflexions, Nibisha Sioui avait apporté des plantes sacrées, du cèdre, de la sauge, du foin d’odeur et du tabac, «les quatre plantes médicinales les plus utilisées traditionnellement par les Premières Nations dans les cérémonies.» Après avoir fait brûler de la sauge et du cèdre afin de purifier le groupe et l'espace et d'amener les étudiantes et étudiants au recueillement, la psychologue les a invités à choisir des plantes sacrées et à les déposer dans leur tissu, à côté de leurs textes. «Après l’expérience, les étudiantes et étudiants se sont dit beaucoup plus sensibilisés qu’auparavant à l’importance de collaborer avec les communautés qui veulent créer de tels espaces de guérison et de réflexion», souligne Shawna Hordyk.

Toute la communauté uqamienne est invitée cet été à venir présenter ses hommages à Wendake avant ou pendant la tenue du Pow Wow international, qui aura lieu les 17 et 18 septembre prochains. Une vidéo publiée sur Facebook explique comment et où aller déposer son poème ou son tissu. «C’est une belle pensée pour les Premières Nations et les Inuits puisqu'ils sont tous affectés, d’une manière ou d’une autre, par ces crimes», rappelle Nibisha Sioui. 

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