Culture, santé et sécurité des personnes LGBTQI

Ces enjeux seront au cœur de la conférence internationale Vivre l’égalité et les diversités dans la francophonie.

22 Juin 2021 à 13H57

La conférence «Vivre l’égalité et les diversités dans la francophonie: culture, santé, sécurité» s’inscrit dans le cadre du mois de la Fierté et vise à souligner durant le mois de juin et au cours de la saison estivale la résilience, le talent, et les contributions des communautés LGBTQI. Photo: Getty Images

Le réseau Égides – l’Alliance internationale francophone pour l’égalité et les diversités –, une organisation hébergée sur le campus de l’UQAM en faveur de l’avancement des droits des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, trans, queer et intersexes (LGBTQI), organise la conférence «Vivre l’égalité et les diversités dans la francophonie: culture, santé, sécurité». Ce rendez-vous international, qui aura lieu du 30 juin au 2 juillet prochains, s’inscrit dans le cadre du mois de la Fierté et vise à souligner durant le mois de juin et au cours de la saison estivale la résilience, le talent, et les contributions des communautés LGBTQI.

La conférence regroupera des chercheuses et chercheurs ainsi que des membres d’organisations de la société civile et du milieu institutionnel. Elle a pour objectifs de faire le point sur la situation actuelle des personnes LGBTQI, de constater les progrès ou les reculs et d’identifier des pistes d’actions prioritaires pour les groupes et les activistes sur le terrain. «La conférence permettra d’appuyer les organismes, qui disposent bien souvent de peu de ressources, tout en leur offrant plus de visibilité», explique la professeure du Département des sciences juridiques Mirja Trilsch. Depuis octobre 2020, la professeure et experte en matière de droits humains est la coprésidente du comité consultatif de la conférence internationale, après le départ à la retraite de la professeure du Département de sexologie Line Chamberland.

Dans plusieurs pays au sein de l’espace francophone, les communautés LGBTQI sont encore marginalisées et vulnérables, rappelle Mirja Trilsch. «Les relations sexuelles entre personnes de même sexe sont parfois pénalisées et, dans de telles circonstances, faire entendre sa voix et partager ses expériences à l’international peuvent créer une grande différence.»

Gratuit et ouvert au public, l’événement virtuel sera diffusé depuis les locaux de l’Université de Genève, en Suisse, une ville où siègent notamment le Conseil des droits de l’homme et de nombreuses organisations internationales œuvrant pour le respect et la promotion des droits des personnes LGBTQI. La conférence abordera trois thématiques: «Vivre en réseau» le 30 juin, «Vivre en sécurité» le 1er juillet et «Vivre en santé» le 2 juillet.

Dans le cadre de la journée thématique «Vivre en sécurité», le 1er juillet, les panélistes présenteront différents outils et mécanismes de plaidoyer pouvant être mobilisés pour revendiquer et défendre les droits des personnes LGBTQI, lesquels restent encore peu utilisés par les activistes francophones. «Ce sera une conférence pratique pour aider les travailleuses et travailleurs de terrain à mieux comprendre comment mobiliser le droit international et s’adresser aux institutions internationales, tout en saisissant mieux le langage des droits humains», précise Mirja Trilsch, qui assure également la direction de la Clinique internationale de défense des droits humains CIDDHU à l’UQAM, laquelle permet aux étudiantes et étudiants en droit de travailler sur de vrais dossiers de défense des droits humains en collaboration avec plus de 60 organisations partenaires réparties aux quatre coins du globe.

La professeure du Département de sociologie Janik Bastien Charlebois, aussi membre du comité consultatif de la conférence internationale, prendra part à la discussion «Grandir avec une expérience intersexe dans la francophonie», qui aura lieu le 2 juillet.

Les personnes participantes à la conférence discuteront également des impacts de la COVID-19 sur les communautés LGBTQI. «La crise sanitaire a renforcé la vulnérabilité des personnes déjà victimes d’inégalités et de discriminations», observe Mirja Trilsch. Pour certaines personnes qui ne sont pas sorties du placard (coming-out), le confinement a eu comme conséquence de les priver de vivre leur identité sexuelle et de genre en toute liberté et au grand jour, illustre-t-elle. La crise de la COVID-19 a aussi empêché plusieurs personnes de recevoir des soins de santé «non urgents», parmi lesquelles des personnes en transition. «Cela a pu engendrer pour les personnes trans beaucoup de souffrance, tant au niveau physique que psychologique», poursuit la professeure.

En amont de la conférence Égides, la Ville de Genève propose, le 29 juin, une pré-conférence portant sur le rôle des villes et autres collectivités locales dans la lutte contre les discriminations envers les personnes LGBTQI. «Même si les villes n’ont pas un pouvoir réglementaire, elles peuvent exercer tout de même une influence politique auprès des dirigeants, appuyer les organismes communautaires œuvrant pour les droits des personnes LGBTQI ou encore s’assurer que les écoles soient des lieux inclusifs et accueillants pour les jeunes issus de ces communautés, croit Mirja Trilsch. Les villes ont un devoir d’information, de sensibilisation et d’éducation.»

On peut consulter ici la programmation de la conférence internationale «Vivre l’égalité et les diversités dans la francophonie: culture, santé, sécurité».

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