Colloque international du CRISES

Les présentations démontreront la contribution des innovations sociales à la lutte contre les injustices.

1 Avril 2021 à 15H06

Série En vert et pour tous
Projets de recherche, initiatives, débats: tous les articles qui portent sur l'environnement.

Le colloque international porte sur le thème de la contribution des innovations sociales à la lutte contre les injustices sociales, environnementales et épistémiques. Photo: Getty images

Le Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES) tiendra son sixième colloque international les 8 et 9 avril prochains sur le thème de la contribution des innovations sociales à la lutte contre les injustices sociales, environnementales et épistémiques.

«Le CRISES s’intéresse aux initiatives qui émergent durant les périodes de crises, rappelle le directeur du Centre, le professeur du Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale Sylvain A. Lefèvre. Le CRISES est lui-même né au milieu des années 80, sous fond de crise économique, politique et sociale.» Le contexte est certes différent aujourd’hui, mais le principe reste le même: les crises actuelles – environnementale et sanitaire, cette fois – donnent lieu à de nouvelle innovations sociales. «On cherche de nouvelles solutions à de nouveaux problèmes», fait remarquer le professeur. Le colloque sera l’occasion de se pencher sur ces récentes innovations sociales qui répondent aux crises actuelles.

Intitulé «Au carrefour des possibles. Quelles innovations sociales contre les injustices sociales, environnementales et épistémiques?», l’événement interdisciplinaire – le plus grand colloque francophone sur le sujet de l’innovation sociale – réunira des chercheuses et chercheurs, des étudiantes et étudiants, des praticiennes et praticiens. Près de 350 personnes, provenant des Amériques, d’Europe, d’Afrique et d’Australie, prendront part à l’événement en ligne.

Un format réinventé

Au programme de cette édition virtuelle: plus de 70 communications scientifiques, six grandes conférences, des communications par affiches présentant les travaux étudiants, des ateliers de coconstruction de savoirs, des activités de maillage, des cafés-discussions et une série de séminaires préparatoires «En route vers le colloque». Des acteurs du milieu, comme les OBNL d’action citoyenne Parole d’excluES et Solon, tiendront des kiosques interactifs d’information dans le hall virtuel d’exposition.

La situation actuelle a forcé les membres du CRISES à repenser le format du colloque. Les conférences bilingues sont présentées sous la forme de capsules vidéo sur la plateforme du colloque, laquelle est ouverte à toutes les personnes inscrites à l’événement. Les journées du colloque seront dédiées aux discussions, aux ateliers et aux plénières. «Plutôt que de mettre au programme 48 heures de conférences sur ZOOM, celles-ci sont disponibles dès maintenant pour visionnement, précise Sylvain A. Lefèvre. Les participantes et participants peuvent poser des questions aux chercheuses et chercheurs sur la plateforme ou lors des discussions pendant le colloque.» Le contenu de cette bibliothèque virtuelle sera disponible pendant un mois, jusqu’au 30 avril prochain. Les conférences plénières seront éventuellement adaptées en format baladodiffusion et diffusées sur le site web du CRISES.

Une conférencière prestigieuse

La professeure Nancy Fraser de la New School for Social Research, à New York, reconnue pour ses travaux sur le capitalisme, le féminisme et les questions de justice sociale, prononcera une conférence en direct le 8 avril à 15 h. L’événement s’intitule Capital, climat, care: anatomie d’une crise/ Capital, Climate, Care: Anatomy of a Crisis. Parmi les autres conférencières et conférenciers invités, mentionnons Carolina Andion, de l’Universidade do Estado de Santa Catarina, au Brésil, Flor Avelino, de l’Erasmus Universiteit Rotterdam, aux Pays-Bas, Loïc Blondiaux, de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne et Jean-Baptiste Comby, de l’Université Paris 2 Panthéon-Assas. Dominique Méda, de l’Université Paris-Dauphine, et Julie Battilana, de la Harvard Business School, prononceront la conférence de clôture au cours de laquelle elles présenteront leur dernier ouvrage, Le manifeste travail (Seuil, 2020). Le livre propose de démarchandiser le travail afin d’agir collectivement pour dépolluer la planète et préserver les conditions de la vie sur Terre.

Sylvain A. Lefèvre présentera, pour sa part, la communication «Le capital en commun? Autonomie politique et autonomie financière au Bâtiment 7», au cours de laquelle seront exposés les résultats d'un projet de recherche partenariale sur le Bâtiment 7, un immeuble industriel reconverti en centre communautaire autogéré par les citoyennes et citoyens du quartier Pointe-Saint-Charles. On y retrouve une épicerie solidaire, une brasserie, une école d’art et une clinique de soins de santé. «Je m’intéresse aux enjeux de financement du centre autogéré, explique le professeur. La reconversion du bâtiment a coûté très cher et le projet nécessite d’importants financements. La question est de savoir comment rester autonome tout en allant chercher de gros bailleurs de fonds.»

Plusieurs autres thèmes seront abordés lors du colloque, dont la transition sociale et écologique et la justice socio-environnementale, la santé des populations vulnérables, la valeur du travail de soins (care) en contexte de crise sanitaire, les pratiques organisationnelles en innovations sociales, les universités et la justice épistémique, la gestion des ressources humaines et les organisations du travail.

Plusieurs chercheuses et chercheurs de l’UQAM seront présents au colloque, dont les professeurs René Audet et Marie Langevin, du Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale, Marie J. Bouchard, Annie Camus, Martin Chadoin, Maude Léonard, Valérie Michaud et Sonia Tello-Rozas, du Département d’organisation et ressources humaines, Karen Messing, professeure émérite du Département des sciences biologiques, Jean-Marc Fontan et Sid Ahmed Soussi, du Département de sociologie, Juan-Luis Klein et Mélanie Doyon, du Département de géographie, et Caroline Patsias, du Département de science politique, ainsi que les chargées de cours Marjorie Vidal, du Département d'éducation et formation spécialisées, et Laurence Brière, professeure associée du Centre’ ERE.

On peut consulter la programmation en document pdf.

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