
Avec son essai Dans l’œil du pigeon. Évolution, hérédité et culture (Boréal), le doyen de la Faculté des sciences et chercheur en écologie comportementale Luc-Alain Giraldeau interpelle ses collègues des sciences humaines et sociales. La biologie, soutient-il, est une grille de décodage de la réalité qu’il serait dommage de réserver uniquement au monde des sciences naturelles. Et il est possible de mieux comprendre le comportement humain à la lumière de la théorie de l’évolution, sans tomber dans le darwinisme social ou un déterminisme stérile.
Lancé à l’UQAM le 4 octobre, l’ouvrage préfacé par l’humoriste et biologiste de formation Boucar Diouf s’adresse à un large public. Il raconte, dans un style imagé et à l’aide de nombreux exemples, l’étrangeté de la vie et ce qui la distingue de l’inerte, l’évolution et ses conséquences aveugles, de l’organisme multicellulaire à la culture en passant par la reproduction sexuée et les sociétés animales.
«Plus on étudie la nature, plus il devient évident qu’elle ne pourrait jamais servir à justifier ce qui est bien ou mal», affirme le professeur du Département des sciences biologiques. Mais le regard que la biologie porte sur le vivant, que celui-ci prenne la forme de bactéries, d’oiseaux chanteurs ou de sociétés humaines, est à la fois intrigant, inquiétant et révélateur.
Luc-Alain Giraldeau «construit des passerelles entre les sciences de l’évolution et les sciences humaines, écrit Boucar Diouf dans sa préface. Un pontage interdisciplinaire qui fait de ce bouquin une exploration qui stimule l’esprit et touche le cœur.»
L’auteur est populaire. Le 5 octobre, c’est à guichets fermés qu’il présentera au Cœur des sciences une conférence intitulée «Darwin: une révolution inachevée».
De nombreuses personnes assistaient au lancement, dont les éditeurs du Boréal Jacques Godbout et Jean Bernier, le recteur Robert Proulx, et plusieurs professeurs.
«Le dernier pari des gènes», une entrevue avec Luc-Alain Giraldeau sur son ouvrage Dans l’œil du pigeon paraîtra dans le prochain numéro du magazine INTER, à lire le 15 novembre.