Voir plus
Voir moins

Pour un Montréal-Nord scientifique

Trois étudiants de l’UQAM initient des jeunes à la science.

Par Pierre-Etienne Caza

22 octobre 2015 à 11 h 10

Mis à jour le 28 octobre 2015 à 8 h 10

Mélissa, 9 ans, observe le changement de couleur provoqué par le mélange de différents fluides, dans le cadre d’une activité sur la chimie à l’École primaire de la Fraternité.Photo: ICI Radio-Canada/Myriam Fimbry

Connaissez-vous les boulettes de régurgitation? Les élèves de cinquième année de l’école primaire René-Guénette, dans l’arrondissement de Montréal-Nord, l’ont appris plus tôt cet automne. «Ce sont les boules rejetées par les oiseaux rapaces, entre autres, qui contiennent les éléments durs et non digérés des proies qu’ils avalent en entier, comme les poils, les os et les coquilles. En identifiant les différentes formes d’os, les élèves saisissent la différence entre les os d’animaux et les os humains», explique Julie B. Tardif. L’étudiante au baccalauréat en enseignement secondaire/concentration science et technologie participe, avec deux autres étudiants de l’UQAM, au projet Pour un Montréal-Nord scientifique.

Ce projet, mis sur pied par le professeur de physique Simon Langlois, du Cégep Marie-Victorin, a pour objectif de développer l’intérêt des jeunes pour les sciences et de favoriser la persévérance scolaire en milieu défavorisé. Il vise d’abord à pallier le manque de compétences en sciences des enseignants du primaire. «Ceux-ci ne sont pas à l’aise avec les concepts scientifiques, car ils n’ont eu qu’un seul cours lié aux sciences dans leur parcours universitaire. Il s’agit donc de les accompagner et de les épauler lors d’activités soigneusement planifiées», souligne Julie B. Tardif.

Une demande grandissante

Le projet a débuté avec les enseignants des écoles Saint-Rémi et de la Fraternité de la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île (CSPI) durant l’année scolaire 2011-2012. Étant donné la demande grandissante des enseignants, la CSPI a permis à quatre nouvelles écoles – Sainte-Gertrude,  Adélard-Desrosiers, René-Guénette et Le Carignan – de s’ajouter au projet. Au total, près de 200 enseignants et 3500 jeunes, de la maternelle à la sixième année, participent au programme. L’objectif à court terme est d’inclure les 11 écoles de la CSPI.

Julie B. TardifPhoto: Nathalie St-Pierre

Cet automne, le projet compte sur la participation d’une soixantaine d’étudiants de cinq cégeps – Maisonneuve, Marie-Victorin, Bois-de-Boulogne, Ahuntsic et Rosemont – et de deux universités, l’UQAM et l’Université de Montréal. Julie B. Tardif et ses collègues uqamiens Julien Lanouette-Babin, diplômé du baccalauréat en sciences de la Terre et de l’atmosphère (concentration météorologie) et Mika Djegou, étudiante en deuxième année au baccalauréat en biologie en apprentissage par problèmes, participent à l’aventure.

En début d’année scolaire, les enseignants reçoivent une formation générale sur la planification annuelle, sur la démarche scientifique et sur l’évaluation en sciences. Chaque enseignant est jumelé à un étudiant du cégep ou de l’université, sous la supervision d’un coordonnateur. Les étudiants accompagnent les enseignants en classe deux heures toutes les deux semaines durant une session ou plus. «Par exemple, j’anime les premières rencontres et l’enseignant s’implique de plus en plus dès qu’il se sent à l’aise avec les manipulations», explique Julie B. Tardif.

Compte tenu du manque de matériel scientifique criant dans les écoles, le projet fournit des séquences d’enseignement clés en main, incluant les guides d’activités, le matériel expérimental et les grilles d’évaluation. «Ces activités ont été conçues selon la progression des apprentissages en science et technologie prévue par le ministère», note la future enseignante.

Sapins de Noël ou épinettes?

En première année, par exemple, les élèves s’initient aux états de la matière – liquide, solide et gazeux. «Ils doivent classer une série d’objets selon leur état et ils adorent ça», souligne Julie B. Tardif. En sixième année, ils s’initieront aux mesures à l’aide d’instruments scientifiques, comme la règle ou le cylindre gradué. «Nous mesurons, par exemple, l’épaisseur d’une feuille de papier ou le volume d’une bille», illustre l’étudiante. Certaines activités durent une ou deux périodes, tandis que d’autres peuvent s’étirer sur dix périodes. «J’ai hâte de voir la tête des élèves lors de l’activité sur les conifères, lorsqu’ils réaliseront par eux-mêmes que nos sapins de Noël sont en réalité… des épinettes!», dit-elle en riant.

Les manipulations et les expériences concrètes constituent la meilleure façon de faire apprécier les sciences aux élèves d’un si jeune âge, poursuit-elle. «Ils sont très intéressés et ils posent beaucoup de questions.» La future enseignante, qui participe également à titre de monitrice aux camps de jour scientifiques de l’UQAM, est par ailleurs renversée par ce qu’elle lit sur les réseaux sociaux. «Il y a de ces aberrations pseudo-scientifiques! s’exclame-t-elle. Voilà pourquoi je trouve important de m’impliquer dans un projet comme Pour un Montréal-Nord scientifique. La science permet de développer un sens critique par rapport à ce qu’on lit et de devenir des citoyens mieux informés.»

Pour s’impliquer dans le projet

Il faut remplir le formulaire en ligne.
La prochaine formation prévue pour devenir accompagnateur en classe se déroulera le dimanche 15 novembre de 9 h à 12 h 30 au Cégep de Rosemont.