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Lectures d’octobre

Notre sélection mensuelle d’ouvrages publiés par des professeurs, chargés de cours, étudiants, employés, diplômés ou retraités de l’UQAM.

13 octobre 2015 à 11 h 10

Mis à jour le 12 juillet 2022 à 10 h 08

Série «Titres d’ici»

20 ans de libre-échange

L’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA)  fête se 20 ans. Visant à stimuler la croissance économique du Canada, des États-Unis et du Mexique, celui-ci a profondément modifié l’espace économique nord-américain et a créé des précédents pour de nombreux autres accords. Mais, alors que les Amériques sont plus divisées que jamais et que le système commercial multilatéral semble au bord de l’implosion, l’ALENA est-il toujours pertinent à l’heure où les interconnexions sont de plus en plus fortes? Sommes-nous à l’aube d’interactions nouvelles entre les grandes régions du monde? Publié sous la direction de Michèle Rioux et Christian Deblock, professeurs au Département de science politique, et de Laurent Viau, détenteur d’une maîtrise en science politique, l’ouvrage L’ALENA conjugué au passé, au présent et au futur rassemble les contributions de membres du Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation(CEIM). Il propose un bilan des recherches effectuées à ce jour et des pistes de réflexion pour l’avenir. La première partie traite de la dimension théorique du régionalisme, tandis que la seconde expose la montée et le déclin relatif du modèle d’intégration de l’ALENA. Les troisième et quatrième parties présentent les débats sociaux et culturels soulevés par le commerce et l’intégration régionale avant de proposer des études sectorielles. Paru aux Presses de l’Université du Québec.

Contre «l’illusion nationaliste»

«Ce livre est un livre de colère (…) Plus encore que la colère, c’est peut-être la lassitude qui en est l’origine, ou plutôt l’exaspération», écrit le professeur du Département de philosophie Christian Saint-Germain dans l’introduction de son dernier ouvrage intitulé L’avenir du bluff québécois. Ce petit pamphlet de 86 pages se veut «une interrogation sur l’usage véritable de l’illusion nationaliste». Se référant, notamment, à Pierre Vallières, à Gaston Miron et au théoricien de la décolonisation Frantz Fanon, Christian Saint-Germain critique la stratégie suivie par le Parti québécois depuis 1968 et dénonce le manque d’envergure des chefs politiques censés mener à bien le projet indépendantiste. Il met en cause le discours souverainiste québécois qui, selon lui, fonctionne à coup de mystifications et s’en prend à une classe politique qui aurait dévoyé la question nationale pour servir ses propres intérêts. «L’indépendance du Québec, le peuple n’a jamais été capable ni de la concevoir ni moins encore de la vouloir au-delà de la simple agitation tribale contenue dès les années 1970 par la camisole de force du “modèle québécois”», écrit le professeur. Selon lui, il s’est agi, au mieux, d’«un projet de vaccination collective conduit par des valets meurtris, des comédiens fourbes ou des “maudits bons gars” qui n’ont jamais su ce que pouvait bien signifier le prix d’une entrée dans l’histoire». Paru chez Liber.

La diaspora chinoise en Russie

De deux à cinq millions de Chinois seraient présents aujourd’hui sur le territoire russe. Qui sont ces migrants? Quelles raisons les poussent à choisir la Russie comme pays d’accueil? Ils sont répartis principalement dans l’Extrême-Orient russe, mais aussi dans les grandes villes de Sibérie et dans la partie européenne de la Russie, dont Moscou et Saint-Pétersbourg. «Saint-Pétersbourg est en quelque sorte une “terre vierge”: elle possède de nombreuses niches inoccupées et propose des opportunités économiques intéressantes qui représentent un terrain propice pour les initiatives entrepreneuriales et professionnelles des migrants», souligne Olga V. Alexeeva dans Les Chinois à Saint-Pétersbourg. Histoire et portrait d’une communauté en mutation. La professeure du Département d’histoire a effectué quatre missions en Chine et en Russie afin d’analyser le processus de formation d’une communauté ethnique, son évolution dans le temps et en fonction des différents facteurs sociopolitiques et économiques, sa place au sein de la société d’accueil et ses perspectives de développement. Les données qu’elle a recueillies au fil de ses rencontres et de ses entretiens lui permettent de dresser le portrait de la communauté chinoise de Saint-Pétersbourg et, à travers elle, celui de la diaspora chinoise en Russie. Publié aux Presses de l’Université du Québec.

Ces paysages qui nous façonnent

Toute perspective de lecture est liée à un ancrage géographique et chaque lecteur est habité par des paysages. Pour Rachel Bouvet, professeure au Département d’études littéraires, ce paysage est celui de l’océan tel qu’on peut l’observer le long des côtes bretonnes, «cette force gigantesque, sublime, mais aussi porteuse d’une douceur infinie.» Les auteurs Kenneth White, Victor Segalen et J.-M. G. Le Clézio, dont elle étudie les œuvres dans l’ouvrage Vers une approche géopoétique, partagent eux aussi cet ancrage breton: White vogue principalement entre les Côtes-d’Armor et l’Écosse, Segalen naviguait surtout entre le Finistère Nord et le Pacifique, Le Clézio voyage entre le Finistère Sud et le Nouveau-Mexique en passant par l’océan Indien et la Méditerranée. Consciente de son attachement breton, Rachel Bouvet réfléchit à la dimension géographique de l’acte de lecture. Elle démontre que la géopoétique peut donner lieu à une approche singulière des textes littéraires. Faisant souvent appel à la géographie, aussi bien à la géographie physique qu’à la géographie humaine, avec les questions de paysage, de carte, de territoire, d’archipel, de frontière, elle illustre de quelle manière une interprétation basée sur les principes essentiels de la géopoétique peut se déployer. Publié aux Presses de l’Université du Québec.

Engagement écologique

Comment l’éducation peut-elle stimuler le développement d’une écocitoyenneté? Le volume 12 de la revue Éducation relative à l’environnement: Regards – Recherches – Réflexions traite de la dynamique de construction du rapport individuel et collectif à l’environnement. La professeure Isabel Orellana, du Département de didactique, et Marie-Ève Marleau, agente de recherche au Centre de recherche en éducation et formation relatives à l’environnement et à l’écocitoyenneté (Centre’Ere), exposent les processus de mobilisation sociale mis en place dans le cadre de deux mégaprojets miniers au Chili et au Québec. Le professeur Martin Riopel et le chargé de cours Jean-Philippe Ayotte-Beaudet, du Département de didactique, s’interrogent sur la pertinence d’un cadre théorique occidental pour la recherche en éducation relative à l’environnement en Afrique de l’Ouest. Le professeur Robert J. Vallerand, du Département de psychologie, Anne-Sophie Gousse-Lessard, doctorante en psychologie, et Daniel Lalande, de l’Université du Québec à Chicoutimi, mettent en lumière le rôle de la passion comme force motivationnelle importante dans l’engagement écologique. La publication fait suite au colloque international «Au cœur des questions sociétales: L’éducation et les enjeux d’identité en matière d’environnement», tenu en 2012 dans le cadre de l’Acfas. Elle est dirigée par la professeure du Département de didactique Lucie Sauvé, directrice du Centre’ERE, et par le rédacteur en chef de la revue, Étienne Van Steenberghe.

Quinze ans de recherche communautaire en VIH/sida

La recherche communautaire a pour principale caractéristique de réunir les chercheurs et les membres de la communauté en vue de cerner les problèmes, de recueillir, d’analyser et d’interpréter les données. Sous la direction des professeurs Joanne Otis et Joseph Josy Lévy, du Département de sexologie, et de Mélina Bernier, de l’École nationale d’administration publique, l’ouvrage collectif La recherche communautaire VIH/sida ─ Des savoirs engagés, présente un état des faits tout en faisant le point sur la contribution de cette approche dans la lutte contre le virus. Des chercheurs, des professionnels de la santé, des militants et des personnes vivant avec la maladie exposent leurs conceptions de l’approche, en expliquent les fondements tout en soulevant différents enjeux. L’ouvrage, qui porte sur des expériences de recherche communautaire au Canada, au Québec et ailleurs dans le monde, contribue à dégager la richesse et la singularité de ce type de recherche, plaçant ainsi la mobilisation communautaire au cœur des solutions visant à améliorer la santé des populations. Publié par les Presses de l’Université du Québec (collection Santé et société).