À quoi sert le théâtre, pourquoi et comment l’enseigner? C’est pour mieux répondre à ces questions que l’École supérieure de théâtre (EST) a mis sur pied, en janvier dernier, le Groupe de recherche sur l’enseignement du théâtre (GRET). «Nous voulons créer une plateforme mobilisatrice qui diffuse et partage les connaissances, tout en rassemblant les chercheurs et les praticiens dans le but de réfléchir sur les pratiques et la formation des maîtres, explique le professeur Ney Wendell, de l’EST. Comme nous sommes peu nombreux à faire des recherches sur l’enseignement du théâtre, nous souhaitons par le fait même sortir de notre isolement.»
On assume que l’art dramatique contribue au développement global de l’enfant, de l’adolescent et de l’adulte, «mais il n’existe pas ou peu de recherches pouvant le démontrer et le documenter», souligne sa collègue Carole Marceau. Les enseignants en théâtre dans les écoles primaires et secondaires n’ont pas toujours le temps et les ressources pour mener des recherches sur leurs pratiques. «Or, plus il y aura de recherches collaboratives dans les écoles, plus on pourra documenter la pratique», ajoute la professeure.
Selon Ney Wendell, de nombreux pays essaient de développer des programmes d’art dans les écoles, «mais ils ne sont pas aussi organisés qu’au Québec, où il existe un programme scolaire intégrant les arts dans le cheminement obligatoire des jeunes. Le GRET pourrait contribuer à démontrer l’importance de développer de tels programmes.»
Une formation unique
L’École supérieure de théâtre est le seul établissement d’enseignement supérieur au Québec à offrir une formation complète en enseignement du théâtre, d’une durée de quatre ans. Le programme, menant à un brevet, compte des cours de didactique spécialisée, de psychopédagogie, d’histoire du théâtre, de dramaturgie et de jeu, dans l’objectif de développer à la fois le potentiel artistique et les aptitudes en pédagogie des futurs enseignants. «La formation ne touche pas seulement l’enseignement à l’école, précise Carole Marceau, qui s’intéresse à l’évaluation des apprentissages et à la pratique pédagogique en art dramatique. On peut enseigner le théâtre dans différents milieux – dans les centres communautaires et les hôpitaux, par exemple – et à différentes populations: les enfants, les adultes, les personnes vulnérables, etc. Le théâtre d’intervention, le théâtre social, la médiation culturelle, la mobilisation citoyenne comptent parmi les axes de recherche de nos professeurs.»
Journée d’étude
Le 29 août dernier, Carole Marceau et Ney Wendell ont coordonné une première journée d’étude. Intitulé «Dialogue actuel entre la recherche et la pratique en enseignement du théâtre», l’événement du GRET a rassemblé une quarantaine de personnes, dont des chercheurs, des enseignants en théâtre du primaire et du secondaire, des conseillers pédagogiques et des étudiants de cycles supérieurs. «Cette journée nous a permis de valider la pertinence du GRET, tout en mettant en lumière le besoin des chercheurs de partager leurs expertises», relève Carole Marceau.
Le Groupe de recherche sur l’enseignement du théâtre souhaite également susciter les échanges avec des chercheurs étrangers. Des pays comme le Brésil, l’Angleterre et l’Australie ont instauré des programmes scolaires qui présentent des similitudes avec le modèle québécois. «Nous voulons consolider nos liens avec des chercheurs provenant des universités brésiliennes de Sao Paulo et de Bahia avec qui l’UQAM a déjà des ententes officielles», dit Ney Wendell, un spécialiste du théâtre social qui a été formé au Brésil, son pays d’origine.
Le GRET travaille sur un projet de colloque international à l’UQAM en octobre 2016. Un site web www.gret.uqam.ca est également en construction.