Un article paru en février 2014 dans la revue britannique Studies in Science Education, signé par les professeurs Patrice Potvin, du Département de didactique, et Abdelkrim Hasni, de la Faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke, est devenu l’article le plus lu dans l’histoire de cette publication. «Créée au début des années 1970, Studies in Science Education se spécialise dans les revues de littérature, note Patrice Potvin. C’est une publication à haut facteur d’impact qui jouit d’une grande crédibilité scientifique dans le monde de la recherche en éducation.»
L’article des deux chercheurs présente une synthèse de la littérature scientifique récente – 228 articles parus entre 2000 et 2012 et issus de recherches réalisées sur les cinq continents – portant sur l’intérêt, la motivation et l’attitude des jeunes à l’égard des sciences et des technologies. «Notre revue de littérature repose sur des critères rigoureux de sélection, bien explicités, ce qui a permis de convaincre les lecteurs que nous proposions un échantillon représentatif des recherches ayant été publiées sur le sujet, souligne le professeur. Une partie de l’article brosse un portrait des études et une autre s’intéresse à ce qu’elles apportent de nouveau.»
Selon des données de l’OCDE, l’attrait des jeunes pour les métiers en sciences et technologies aurait diminué de façon marquée dans les pays occidentaux depuis le milieu des années 90. «L’OCDE note également une baisse de la proportion d’étudiants inscrits dans des disciplines scientifiques, alors que les populations universitaires en général et les besoins de l’industrie dans le domaine des sciences et des technologies se sont accrus de manière importante«, observe Patrice Potvin.
Un des principaux constats de l’article concerne les méthodes pédagogiques qui visent à stimuler l’intérêt des élèves pour les sciences et les technologies. Les méthodes les plus efficaces seraient celles qui cherchent à susciter la curiosité et l’ouverture envers les sciences le plus tôt possible dans la vie.
«On ne peut pas se contenter de transmettre des connaissances scientifiques, dit le chercheur. Cela permet de créer un intérêt passager, lequel dépend de la qualité du discours de l’enseignant ou de la thématique abordée. Si on veut développer un intérêt soutenu, il faut amener les élèves à mettre la main à la pâte, à faire des investigations, à monter des projets, à créer des artefacts.»
Les résultats de l’étude auront permis d’impulser de nouveaux travaux à la Chaire de recherche sur l’intérêt des jeunes à l’égard des sciences et de la technologie, dont Patrice Potvin et son collègue de l’Université de Sherbrooke sont les cotitulaires. «Nous avons identifié des pratiques d’enseignement susceptibles de produire des effets bénéfiques sur la motivation les élèves, explique le professeur. Nous avons ainsi créé des communautés d’enseignants du primaire et du secondaire qui choisissent une approche pédagogique expérimentale et tentent de l’implanter dans leur classe auprès d’une partie des élèves. Puis, nous observons les effets, tant positifs que négatifs. Certains résultats, qui sont susceptibles d’intéresser les décideurs du milieu de l’éducation, ont déjà été publiés dans un numéro spécial de la revue Spectre de l’Association pour l’enseignement des sciences et de la technologie au Québec et un important rapport, produit avec les partenaires de la Chaire, sera rendu public l’automne prochain.»
