Un avis stratégique

L'UQAM est cosignataire d'un avis appelant à l'action afin d'attirer et de retenir les meilleurs étudiants étrangers à Montréal.

25 Septembre 2014 à 11H30

«Il est impensable aujourd’hui de prétendre assurer la qualité de l’enseignement et de la recherche sans avoir recours à l’internationalisation des savoirs», a déclaré le recteur Robert Proulx, présent à la conférence de presse. Photo: David Ospina

La Conférence régionale des élus (CRÉ) de Montréal, Montréal International, les établissements d'enseignement supérieur montréalais et leurs partenaires ont rendu public, le 25 septembre, à l'hôtel de ville de Montréal, un avis intitulé L'urgence d'agir pour attirer et retenir les meilleurs étudiants internationaux à Montréal. Ce positionnement commun des acteurs montréalais interpelle les gouvernements quant à l'importance de lever rapidement les obstacles afin de permettre à Montréal – ainsi qu'à ses collèges et universités – de rayonner à la hauteur de ses capacités, en tant que destination internationale d'études dans un marché hautement compétitif.

«Il est impensable aujourd’hui de prétendre assurer la qualité de l’enseignement et de la recherche sans avoir recours à l’internationalisation des savoirs, a déclaré le recteur Robert Proulx, présent à la conférence de presse. La mobilité étudiante est l’une des nombreuses facettes de cette internationalisation. En effet, l’accueil d’étudiants étrangers permet d’enrichir la formation, tout en favorisant une plus grande ouverture sur le monde, tant au sein des collèges et des universités de la métropole qu'au bénéfice de l’ensemble des habitants de la Cité.»

En dépit de l'explosion du phénomène de mobilité étudiante à l'échelle internationale et d'une croissance continue du nombre d'étudiants étrangers reçus, Montréal et le Québec perdent du terrain à l'échelle canadienne, rappelle l'avis. Ses 26 recommandations invitent l'ensemble des acteurs concernés à s'allier et à coordonner leurs efforts dans un continuum d'interventions couvrant les phases d'attraction, d'accueil, d'intégration et de rétention des étudiants étrangers. Plus largement, il invite le gouvernement québécois à élaborer, de concert avec les établissements d'enseignement, une politique d'internationalisation de l'enseignement supérieur, qui permettra au Québec de faire face aux défis de la mobilité internationale du 21e siècle.

Un apport incontournable

Montréal compte plus de 25 000 étudiants étrangers inscrits au sein de ses collèges et universités, dont le tiers aux cycles supérieurs universitaires. Pour les pays qui les accueillent, le recours à ces talents étrangers représente un atout économique de taille. En 2010, leur présence a entraîné des retombées économiques immédiates substantielles qui se chiffraient, pour le Québec, à plus de 1 milliard de dollars en dépenses par les étudiants, à quelque 10 000 emplois générés et à plus de 88 millions de dollars de contributions au trésor public.

À ces retombées économiques s'ajoutent les impacts en matière de recherche et de développement. «Pour une université, accueillir des étudiants étrangers représente une occasion privilégiée de dynamiser les environnements d’apprentissage en favorisant l’exploration d’autres univers et référents intellectuels, a souligné Robert Proulx. Cette diversité culturelle permet aux établissements de non seulement répondre à leur mission de diffusion des connaissances, mais aussi de contribuer à stimuler l’innovation et à enrichir le processus de production de nouveaux savoirs, notamment en donnant naissance à de fructueuses collaborations de recherche à l’échelle internationale.»

La position de Montréal

Nommée deux années consécutives (2012 et 2013) dans le top 10 des meilleures villes étudiantes au monde selon la firme QS, surclassant ainsi des villes comme Barcelone, Tokyo, New York et Amsterdam, Montréal peut compter sur des arguments-chocs pour se distinguer à l'échelle planétaire. «Montréal a beaucoup à offrir aux étudiants internationaux, estime Denis Coderre, maire de Montréal. Centre universitaire et de recherche reconnu, au confluent des influences nord-américaines et européennes, la métropole jouit en effet d'une qualité de vie remarquable qui a de quoi plaire aux jeunes de partout, et qui se nourrit en retour de leur présence parmi nous.»

Prenant appui sur ces atouts de taille, les acteurs montréalais proposent une série de mesures pour permettre à Montréal de briller parmi les meilleurs et de tirer collectivement profit de la richesse culturelle, sociale, économique et scientifique liée à la présence d'étudiants étrangers sur son territoire.

Parmi les recommandations avancées, figurent la simplification de l'ensemble des démarches d'immigration et la révision de la structure de financement des établissements d'enseignement postsecondaires, dans une optique de plus grande flexibilité et en cohérence avec les coûts associés au recrutement et à l'accueil de ces étudiants. Un soutien accru à l'internationalisation de la formation collégiale, notamment technique, entre autres par le décloisonnement du nombre de places disponibles au sein des collèges montréalais, est également demandé. Une meilleure intégration des étudiants à la société québécoise, sur les plans professionnel et linguistique, s'avère aussi nécessaire, de même que la mise en place d'incitatifs pour retenir les meilleurs talents.

Le recteur a également souligné qu'une fois leurs études complétées, ces diplômés venus d’ailleurs demeurent d’extraordinaires ambassadeurs de la Ville, de la qualité de ses hauts lieux de savoir et de la chaleur de l’accueil qu’ils y ont reçu. «C’est pourquoi je me réjouis de l’avis que nous rendons public aujourd’hui. Un avis qui envoie un signal clair à l’effet que tous les partenaires et les décideurs clés de Montréal, impliqués dans l’internationalisation de l’enseignement supérieur, forment un réseau collaboratif engagé. Un réseau prêt à œuvrer de concert en vue de renforcer cet atout formidable pour l’ensemble de notre collectivité.»

L'avis a été réalisé dans le cadre des travaux de la démarche « Montréal, ville apprenante, de savoir et d'innovation » de la CRÉ de Montréal, et plus particulièrement de son comité L'ouverture aux citoyens du monde. Les membres signataires sont : Montréal International, l'Université de Montréal, l'Université McGill, l'Université du Québec à Montréal, l'Université Concordia, Polytechnique Montréal, HEC Montréal, l'École de technologie supérieure (ÉTS), le Regroupement des collèges du Montréal métropolitain (RCMM), la Ville de Montréal, le Forum jeunesse de l'île de Montréal (FJÎM) et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).

PARTAGER
COMMENTAIRES 0 COMMENTAIRE