Le Service aux collectivités (SAC) de l’UQAM et le Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES), dirigé par le professeur Juan-Luis Klein (géographie), se sont joints au Chantier de l’économie sociale et à l’Institut Karl Polanyi de l’Université Concordia pour créer Territoires innovants en économie sociale et solidaire (TIESS). Ce nouvel organisme de liaison, de veille et de transfert a reçu une subvention de 2,3 millions de dollars sur trois ans du ministère québécois de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, dans le cadre de la nouvelle Politique nationale de la recherche et de l’innovation. Une quarantaine d’organismes des milieux universitaires et de l’économie sociale sont également associés à sa création.
Territoires innovants entend développer les échanges entre les différents acteurs et chercheurs de l’économie sociale et solidaire pour repérer, inventorier et systématiser les innovations afin d’en favoriser la diffusion et l’appropriation dans l’ensemble des territoires du Québec. Trois domaines sont principalement visés : les outils de gestion et les nouvelles formes d’ingénierie financière qui facilitent l’essor des entreprises et des organismes rattachés à l’économie sociale et solidaire; les nouveaux modes de gouvernance expérimentés dans les organisations et les entreprises; les formes de leadership qui permettent de partager savoir-faire et compétences en vue d’assurer la pérennité des organisations.
Un trait d’union
Cet organisme ne sera pas un lieu de recherche mais de valorisation, de transfert et de mise en circulation des initiatives les plus intéressantes en matière d’économie sociale et solidaire, souligne Sylvie De Grosbois, directrice du Service aux collectivités. «Il sera aussi un trait d’union entre le milieu et les universités qui, comme l’UQAM, pourront être mises à contribution pour démarrer de nouveaux projets de recherche afin de répondre aux besoins des acteurs de l’économie sociale. On a demandé au Service aux collectivités d’être partie prenante du projet en raison, notamment, de son expertise et de son approche qui consiste à créer un espace de dialogue entre les universitaires et les milieux de pratique. Nous participerons à un chantier de travail sur les modèles d’implication des professeurs dans les collectivités, en s’inspirant de la manière dont l’UQAM a su le faire par l’entremise du SAC.»
Nancy Neamtan, présidente-directrice générale du Chantier de l’économie sociale, rappelle que le Québec est déjà est reconnu, partout dans le monde, comme un lieu d’innovation en économie sociale. «Avec Territoires innovants, dit-elle, on se donne les moyens pour que les innovations qui naissent un peu partout dans les régions du Québec soient d’abord transférées ici même, dans une autre région, dans un autre secteur.»
L’économie sociale québécoise est composée d’environ 7 000 entreprises, coopératives et organismes sans but lucratif (OSBL), oeuvrant dans 20 secteurs économiques (arts et culture, agroalimentaire, commerce de détail, environnement, immobilier collectif, loisir et tourisme, technologies de l’information et des communications, médias, secteur manufacturier, services aux personnes, etc.). Elle emploie plus de 125 000 personnes et génère un chiffre d’affaires annuel de plus de 17 milliards de dollars, ce qui représente environ 8 % du PIB québécois.