Des images qui résonnent

La Galerie de l'UQAM nous invite à découvrir les installations sonores et vidéo de Donatella Landi, une première au Canada.

3 Septembre 2013 à 0H04

Photo
Le déjeuner sur l'herbe/ Zoo 1993-2009, vue de l'installation, Museum Goch, 2009.

Dans le cadre de la rentrée 2013, la Galerie de l'UQAM présente, du 6 septembre au 19 octobre  la première exposition solo au Canada de Donatella Landi, une artiste d'origine italienne qui réalise depuis les années 1990 d'ambitieux projets sonores et vidéographiques. Méconnue en Amérique du Nord, son œuvre a été largement exposée en Italie et dans toute l'Europe, de même que dans plusieurs manifestations internationales, dont la dernière Biennale de Venise en 2013.

«J'ai découvert son travail, il y a une quinzaine d'années, à Rome raconte Louise Déry, directrice de la Galerie et commissaire de l'exposition. C'est une artiste dont la sensibilité laisse une empreinte. Ses œuvres poignantes demeurent longtemps dans notre mémoire.» 

Le travail de Donatella Landi est ancré dans l'exploration du son et de l'image. Elle en scrute les potentialités, les associe et les confronte, afin d'en saisir la puissance narrative, mémorielle et émotive. «Au moyen de films, de vidéos, de photos et d'installations multimédias, Donatella Landi crée des univers chargés de tensions à la fois psychologiques et formelles – entre la beauté et la souffrance, entre l'animal et l'humain, entre le souvenir et l'oubli –  qui favorisent des expériences sensorielles et interpellent tout autant nos désirs et notre tolérance que notre posture éthique devant la nature et la vie», explique Louise Déry.

Des contrastes saisissants

Les œuvres réunies pour cette exposition convoquent plusieurs motifs centraux dans le travail de l'artiste : des références à l'histoire de l'art, à la tradition du paysage, au destin familial et à la survie des espèces.

Une installation regroupe deux ensembles de vidéos, Zoo et Le déjeuner sur l'herbe, sorte de clin d'œil au célèbre tableau de Manet, qui sont projetées sur des  murs se faisant face. Sur l'un deux, sept petits écrans présentent des images d'animaux sauvages enfermés dans des cages, dont on entend les cris et les rugissements. Sur le mur opposé, un écran de presque 7 mètres de large offre un paysage bucolique peuplé d'hommes, de femmes et d'enfants, d'où émane une musique apaisante nourrie par des chants d'oiseaux et le souffle du vent. «Le contraste sonore et visuel ainsi créé est proprement saisissant», observe Louise Déry.

Dans une autre vidéo, non sonore, Donatella Landi a filmé des jeunes femmes tenant des bébés dans leurs bras, un peu comme des Madones à l'enfant, un thème récurrent dans l'histoire de la peinture. Alors que leur bébé s'agite, les femmes, immobiles, fixent intensément la caméra, détournant rarement leur regard. «Cette œuvre, intitulée  Casting Madonnas, est belle et touchante, mais provoque un sentiment d'inquiétude en raison de la distance psychologique qu'elle installe entre les mères et les enfants», note la directrice de la Galerie.

L'exposition propose enfin Mio Caro (Mon chéri), une nouvelle vidéo de Donatella Landi. Deux acteurs lisent des lettres d'amour ayant appartenu jadis aux parents de l'artiste, pendant qu'on entend en background des sons de la nature.

Une invitation au recueillement

Parallèlement, la Galerie présente l'installation Can I Stop Being Worried Now? de Mélanie Martin, finissante à la maîtrise en arts visuels et médiatiques. Cette jeune artiste porte un regard ludique sur les différentes constructions personnelles et sociales qui orientent et limitent nos comportements. Elle s'intéresse plus particulièrement à l'abri – grotte, bunker –comme figure de protection, d'isolement et d'intériorité.

Depuis 2005, Mélanie Martin développe une pratique en sculpture, en imagerie numérique et en design. Elle a remporté différents prix et bourses de création et a participé à plusieurs expositions collectives au Québec et en Europe, dont Leipzig-Montréal en Allemagne (2012-2013) et Pavillon levé chez CIRCA (2011).

Le vernissage des deux expositions aura lieu le 5 septembre à 17h 30.

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