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Du théâtre de rue engagé

Quatre productions théâtrales sont présentées par les étudiants de l’École supérieure de théâtre dans l’espace public.

2 décembre 2013 à 11 h 12

Mis à jour le 17 septembre 2014 à 19 h 09

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La pièce Et si Godzilla était au coin de la rue. Photo: Jean-François Hamelin

Les finissants au baccalauréat en art dramatique, profil enseignement, présentent quatre productions théâtrales directement inspirées des espaces publics et du quartier où elles sont montées et jouées. «C’est une occupation esthétique de la ville, déclare Ney Wendell, chargé de cours à l’École supérieure de théâtre et metteur en scène du projet. Nous occupons la rue par le théâtre.» Les pièces ont été créées dans le cadre du cours «Exercice public et pratique pédagogique» donné par le chargé de cours. «Les étudiants ont pris part à une recherche et à une création participatives. Ils ont visité chacun des quartiers et se sont imprégnés de l’histoire particulière de chaque endroit. Ces créations sont le résultat de leurs observations du milieu.»

La méthode enseignée par le chargé de cours est largement inspirée des ateliers de théâtre communautaire que l’on retrouve dans les favelas du Brésil, d’où est il originaire. «Ce sont des ateliers offerts aux victimes de violence provenant des quartiers pauvres. C’est un moyen de résistance aux problèmes sociaux et économiques, un outil pour libérer le corps et la pensée», explique le chercheur, qui a un projet de postdoctorat sur le sujet (Le théâtre de transformation sociale), sous la direction du professeur Louis Jacob, du Département de sociologie.

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La pièce Et si Godzilla était au coin de la rue. Photo: Jean-François Hamelin.

Les quatre exercices publics, qui ont été joués une première fois le 29 novembre dernier, seront présentés de nouveau le 6 décembre prochain. Et si Godzilla était au coin de la rue (10 h), au Carré Victoria, près de la station de métro Square-Victoria, se veut une critique de la consommation au cœur même du quartier économique et commercial de Montréal. Déraillement (11 h 30), qui se déroulera à l’angle des rues De la Commune et Saint-Gabriel, met en scène cinq personnages esseulés près du chemin de fer qui traverse le Vieux-Montréal. La lumière persécute toute sa joie (14 h), au Carré Westmount, s’intéresse aux phénomènes de groupe et questionne la part de vrai et de faux dans les relations interpersonnelles. La page blanche (15 h 30), au Parc des Faubourgs, à l’angle des rues de Lorimier et Ontario Est, dans le Centre-Sud, s’intéresse à l’incapacité de rêver, à ce qui encourage un rêve et le fait disparaître.