Une nouvelle vocation pour le Parc olympique?

Le Groupe de recherche sur les espaces festifs organise une journée de réflexion sur l'avenir du Parc olympique.

3 Octobre 2011 à 0H00

Ah! Le Stade olympique! On s'en moque allègrement depuis plus de 35 ans. Les aventures rocambolesques entourant son toit ont fait couler beaucoup d'encre et ont donné bien des maux de tête aux ingénieurs et aux architectes. Et mis à part le déroulement de deux ou trois événements annuels d'envergure, le parc qui l'entoure, un océan de béton, est pratiquement désert. Mais cela risque de changer. «Tout est en place pour que la reconversion du Parc olympique soit l'un des grands chantiers urbains des 25 prochaines années», affirme Sylvain Lefebvre.

Le professeur du Département de géographie, directeur du Groupe de recherche sur les espaces festifs (GREF), et le doctorant Romain Roult, chercheur au GREF et chargé de cours à l'UQTR, organisent une Journée de réflexion sur l'avenir du Parc olympique de Montréal, le 5 octobre prochain, à l'Auditorium de la Tour de Montréal. Cet événement s'inscrit dans la foulée des travaux menés par le GREF au cours des dernières années sur la reconversion et la mise en valeur des sites olympiques et des grands parcs urbains.

Au printemps dernier, le groupe de recherche a déposé à la Régie des installations olympiques (RIO) un imposant rapport sur le sujet. Celui-ci sert de document de base aux consultations amorcées depuis le 19 septembre par un comité-conseil sur l'avenir du Parc olympique, présidé par Lise Bissonnette, et auquel participe notamment le professeur Michel Archambault, du Département d'études urbaines et touristiques. Ces consultations, sur invitation d'abord, s'étendront ensuite aux citoyens. Une tournée des régions du Québec a même été envisagée.

Une image à refaire

La démolition du Stade, évoquée par certains critiques, n'est pas une solution envisageable selon le professeur Lefebvre. «Cela coûterait aussi cher que de réaménager le site, dit-il. Et toute grande ville qui se respecte a besoin d'un stade qui puisse accueillir entre 40 000 et 50 000 personnes.»

Dans cette optique, le plus grand défi est d'abord de rompre avec l'image négative entretenue depuis 1976. «Il faut refonder un sentiment de fierté pour le Stade et pour le site olympique, affirme Sylvain Lefebvre. Pensons-y : malgré toutes les moqueries, le Stade possède une architecture audacieuse qui lui confère encore et toujours le rôle de symbole urbain de Montréal.» Pour arriver à changer la perception négative, on pourrait même aller jusqu'à changer le nom du stade et du parc, ajoute le chercheur. Pourquoi pas ?

«Il faut impérativement régler la question du toit du Stade afin de pouvoir l'exploiter toute l'année, précise pour sa part Romain Roult. C'est le point de départ de la reconversion du site.» La RIO devrait annoncer ses intentions en ce sens au courant de l'année 2012.

Un site à réaménager

Desservi par deux stations de métro et possédant l'un des plus grands stationnements souterrains d'Amérique du Nord, le site olympique devra développer d'autres atouts pour devenir un lieu phare de la vie montréalaise. «Le but est d'en faire un lieu agréable où il fait bon être en tout temps et en toute saison», explique Sylvain Lefebvre. Pour cela, on doit miser sur la vocation festive du site et sur sa multifonctionnalité, complète Romain Roult. «À l'heure actuelle, il est impossible de tenir des événements sur les esplanades parce qu'il y a trop de vent», illustre-t-il.

Les deux chercheurs proposent de faire du site olympique un grand parc urbain intégré. Le défi est de taille, puisque le site manque cruellement de verdure. C'est l'un des plus grands îlots de chaleur montréalais l'été et de froideur en hiver. On ne peut toutefois pas y planter des arbres facilement. «Il y a des structures de béton et des sous-sols dont il faut tenir compte, explique Sylvain Lefebvre. Cela dit, il y a moyen de verdir le site pour le rendre agréable.»

Et l'offre de services tout autour devra elle aussi être repensée. Il n'y a pour l'instant ni hôtel, ni restaurant, ni terrasses, ni mobilier urbain. «Même la signalétique du site est déficiente», note le professeur Lefebvre.

Dynamiser le débat public

La journée de réflexion organisée par les deux chercheurs s'inscrit dans la foulée du colloque «Les nouvelles territorialités du sport dans la ville», qui se tient les 3 et 4 octobre dans le cadre des Entretiens Jacques Cartier. Conférenciers internationaux, designers urbains et architectes participeront à l'exercice, de même que plusieurs étudiants de la maîtrise en aménagement du territoire. L'an dernier, dans le cadre d'un exercice charrette, quelques-uns d'entre eux ont proposé divers scénarios pour le réaménagement du Parc olympique. Un nouveau groupe se prêtera au jeu cet automne. «Notre but est de dynamiser le débat public sur ce projet fascinant qui aura à coup sûr un impact majeur sur la vie montréalaise», conclut Sylvain Lefebvre, fier que le colloque et la journée de réflexion soient ouverts gratuitement au grand public (sur inscription), grâce à la participation financière de plusieurs partenaires.

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