Pour un consentement éclairé aux soins

Dentiste et avocate, Cyndie Dubé-Baril a obtenu une importante bourse de recherche doctorale en bioéthique.

14 Novembre 2011 à 0H00

Cyndie Dubé-Baril possède un parcours atypique, mais impressionnant. Déjà détentrice d'un doctorat en médecine dentaire (spécialité en dentisterie pédiatrique) et de deux maîtrises, l'une en droit de la santé et l'autre en politique internationale et en droit international, cette mère de deux jeunes enfants vise à compléter un deuxième doctorat en droit de la santé.

Elle a obtenu récemment la bourse de recherche doctorale Douglas-Kinsella 2011 en bioéthique, d'une valeur de 105 000 $ pour une durée de trois ans, attribuée par les Instituts de recherche en santé du Canada. Cyndie Dubé-Baril tentera de mieux comprendre les processus organisationnels et les comportements personnels qui affectent la qualité du consentement des patients aux soins dans le domaine de la dentisterie. Elle étudiera plus précisément les conditions d'obtention d'un consentement éclairé, notamment les moyens que les professionnels de la santé devraient utiliser pour que les patients aient une compréhension adéquate de la nature des interventions et traitements qui leur sont proposés.

La doctorante, qui travaille sous la direction de la professeure Emmanuelle Bernheim, du Département des sciences juridiques, a exercé la profession de dentiste pédiatrique durant 15 ans et celle d'avocate en entreprise privée pendant quatre ans. «Je suis une personne passionnée et j'adore étudier, dit-elle. Mes parents m'ont enseigné l'importance d'exploiter pleinement ses aptitudes personnelles et de respecter ses obligations envers les autres. Je suis aussi redevable au docteur Limoges de l'Hôpital Sainte-Justine, aujourd'hui décédé, dont la passion pour le travail, l'humilité et la compassion pour les patients m'ont profondément impressionnée. Je souhaite devenir l'un de ces chercheurs qui changent la vie des gens.»

Des poursuites plus nombreuses

À l'époque de ses études en dentisterie pédiatrique, Cyndie Dubé-Baril prend conscience que plusieurs dentistes connaissent mal leurs droits et obligations, ainsi que certains aspects légaux de leur pratique. «De plus en plus de patients intentent des poursuites non seulement parce que des fautes professionnelles ont été commises, mais aussi parce qu'ils jugent que les informations transmises par leur dentiste étaient nébuleuses ou insuffisantes, souligne la chercheuse. Certains traitement thérapeutiques, parfois très complexes, ainsi que diverses interventions à caractère esthétique, exigent que le dentiste transmette au patient des informations détaillées sur les risques qu'ils comportent.»

Il ne suffit pas, toutefois, que des informations précises aient été transmises. Encore faut-il s'assurer que le patient en comprenne les tenants et aboutissants. «La validation de la compréhension des informations par le patient et la façon de documenter et d'obtenir son consentement aux soins varient beaucoup d'un praticien à un autre, note Cyndie Dubé-Baril. Les professionnels du milieu, les juristes et les patients n'ont pas la même vision d'un consentement éclairé. En outre, le code de déontologie de l'Ordre des dentistes, actuellement à l'étude afin de mieux couvrir toutes les facettes de la pratique professionnelle, ne définit pas spécifiquement le consentement éclairé.»

Plan de traitement personnalisé

Pour favoriser la compréhension des informations transmises aux patients et pour améliorer la qualité de leur consentement, la doctorante propose un plan de traitement personnalisé et une procédure en deux étapes, une approche qu'elle a elle-même expérimentée dans son travail. «Il s'agit, dans un premier temps, de s'assurer de la satisfaction des patients quant à la clarté et à la qualité de l'information reçue, puis, dans un deuxième temps, de vérifier la qualité réelle de leur compréhension au moyen d'entrevues comportant des questions objectives sur l'information divulguée.» La chercheuse comparera deux groupes de patients : un premier ayant reçu de l'information par le biais d'un formulaire de consentement classique et un second soumis à la procédure qu'elle propose.

Actuellement chargée de cours à l'Université McGill, Cyndie Dubé-Baril a l'intention, une fois son doctorat complété, de poursuivre sa carrière dans l'enseignement et la recherche universitaires. Elle croit que les résultats de sa recherche pourront être utiles à tous ceux qui, dans le domaine de la santé, souhaitent établir de meilleurs rapports entre professionnels et patients.

PARTAGER