Français 101

La professeure Louise Ménard amorce un projet de recherche en partenariat avec trois Cégeps pour favoriser la réussite du premier cours de français et littérature au collégial.

7 Mars 2011 à 0H00

«La moitié des étudiants qui échouent le premier cours de français et littérature au collégial n'obtiennent jamais leur diplôme, souligne d'emblée Louise Ménard. Il s'agit d'un cours charnière dans leur cheminement.» Professeure en didactique de l'enseignement supérieur, elle vient de recevoir une subvention de 518 000 $ du Programme de collaboration universités-collèges du gouvernement du Québec afin d'amorcer un projet de recherche intitulé «Développement des pratiques pédagogiques favorisant la réussite au premier cours de français et littérature au collégial». Ce projet, qui sera mené en partenariat avec les cégeps Lionel-Groulx, Maisonneuve et Saint-Laurent, s'échelonnera de 2011 à 2014.

Le taux d'échec au premier des quatre cours obligatoires de français et littérature au collégial a toujours été élevé (un étudiant sur quatre échoue le cours), et ce, bien avant la réforme implantée en 1993, note Louise Ménard. Le refrain n'est pas nouveau : la mauvaise maîtrise de la langue française des jeunes qui sortent du secondaire semble en être la cause principale. «On peut cibler plus spécifiquement les difficultés qu'ils éprouvent avec l'analyse de texte et la synthèse, ainsi que leur motivation et les stratégies d'apprentissage qu'ils utilisent», précise la chercheuse.

Chaque collège est autonome et fonctionne en vase clos pour tenter de trouver des solutions à cette problématique qui perdure, déplore-t-elle. «Il n'y a pas de concertation entre les établissements afin de se doter de stratégies qui visent des résultats à long terme.»

À l'écoute des profs

Dans le cadre de son projet de recherche, la professeure Ménard ne veut surtout pas imposer des pratiques pédagogiques aux professeurs du collégial. «Au contraire, le projet repose sur une mise en commun de leurs expériences d'enseignement», explique-t-elle.

Trois professeurs de français et littérature qui ont aussi été formés en éducation - Nicolas Simard, de Lionel-Groulx, Andrée-Madeleine Clément, de Saint- Laurent, et Magali Bouchard, de Maisonneuve - collaboreront de près avec Louise Ménard. «Nous mesurerons d'abord à l'aide de tests la motivation et les stratégies d'apprentissage utilisées par les étudiants, dans le but d'identifier une vingtaine de professeurs dont les pratiques pédagogiques semblent favoriser la réussite.»

«Une plateforme Web permettra d'échanger toutes ces informations et de mettre en ligne les plans de leçons utilisant des pratiques pédagogiques qui fonctionnent bien», poursuit la chercheuse. Ultérieurement, des capsules vidéos seront également produites afin d'outiller tous les professeurs du réseau collégial qui le souhaitent. «C'est plutôt rare que nous obtenions les moyens pour financer une recherche et du même coup partager les résultats dans l'immédiat avec le milieu en cause», souligne Louise Ménard.

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L'évaluation des apprentissages

Le professeur Gilles Raîche, du Département d'éducation et pédagogie, a aussi obtenu une importante subvention de 564 000 $ du Programme de collaboration universités-collèges du gouvernement du Québec. Son projet de recherche, qui s'échelonnera sur trois ans et qui sera mené conjointement avec le cégep de Drummondville et le collège Marie-Victorin, s'intitule «Création d'un centre de soutien et d'animation en évaluation des apprentissages à l'enseignement supérieur».

Ce nouveau centre permettra aux chercheurs de l'UQAM de raffiner les outils créés en mesure et évaluation des apprentissages au fil des ans afin d'intervenir sur la pratique concrète des futurs professeurs formés à la Faculté des sciences de l'éducation.

La collaboration avec deux cégeps permettra en outre d'importer certaines pratiques innovantes dans le domaine. «Le réseau collégial est beaucoup plus évolué en matière de mesure et évaluation des apprentissages, souligne le professeur Raîche. Nous profiterons du centre pour partager nos expériences respectives et pour expérimenter de nouvelles façons de faire.»

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