Des outils à exporter

Le CLIPP transforme les résultats de la recherche psychosociale en outils d'intervention et de prévention.

10 Janvier 2011 à 0H00

La nouvelle présidente-directrice générale du CLIPP, Diane Berthelette, voit grand. En poste depuis février 2009, cette spécialiste en évaluation de la santé et de la sécurité au travail, qui a été directrice de l'Institut Santé et société de l'UQAM de 2003 à 2008 en plus d'être professeure au Département d'organisation et ressources humaines, voudrait donner une envergure internationale au transfert de connaissances tel que pratiqué au CLIPP.

Qu'est-ce que le CLIPP? Le Centre de liaison sur l'intervention et la prévention psychosociales (CLIPP) assure la liaison et le transfert de connaissances entre le réseau de la recherche psychosociale, les milieux d'intervention et de prévention, les décideurs et les médias. Ce centre interuniversitaire, fondé en 2000 par Mireille Mathieu, professeure de psychologie à l'Université de Montréal, produit entre autres un bulletin électronique qui met en ligne des résumés et des articles de vulgarisation scientifique. «Nous veillons à ce que les résultats de la recherche dans le domaine social soient diffusés à l'extérieur du milieu scientifique. Le but, c'est d'améliorer la santé et la qualité de vie de la population», explique Diane Berthelette.

L'outil de A à Z

Une des missions principales du CLIPP est de concevoir des «outils» de prévention et d'intervention, à partir de résultats de recherches psychosociales ou à partir de demandes provenant du terrain. À titre d'exemple, la Grille d'évaluation du développement (GED), utilisée pour évaluer les retards de développement chez les enfants de 0 à 5 ans, a été créée par deux professeurs de l'UQAM (Gérard Malcuit et Andrée Pomerleau, aujourd'hui à la retraite) et des membres de leur équipe de recherche à l'intention des éducateurs des Centres jeunesse. «Nous avons travaillé avec eux pour peaufiner la grille de départ et développer, à l'aide de jouets ou d'éléments du quotidien des tout-petits, - une tasse, une balle -, un outil plus performant», dit la p.-d.g. du CLIPP. La GED, qui s'est écoulée à plus de 1 000 exemplaires, est l'un des outils les plus populaires du centre.

Près d'une vingtaine d'employés travaillent au CLIPP sur diverses thématiques : jeunes enfants et adolescents, couple et famille, santé psychologique au travail, qualité de vie, dépendances, vieillissement.

Parmi les outils variés conçus au CLIPP, on trouve un questionnaire d'évaluation des conditions psychologiques des employés, mais aussi des affichettes sur le syndrome du bébé secoué. «Avant de concevoir un outil, nous faisons d'abord un inventaire de ce qui existe déjà, explique Diane Berthelette. Nous essayons ensuite d'asseoir à la même table les chercheurs et les éducateurs ou les travailleurs des milieux communautaires.»

Quand un outil est prêt, il passe devant le comité d'examen du CLIPP, qui le teste et le scrute sous toutes ses coutures. «L'outil est-il facile à utiliser? Est-il efficace? Est-il bien adapté aux besoins du milieu? Le comité évaluateur a le mandat de faire en sorte que l'outil réponde aux meilleures normes de qualité possibles», soutient Diane Berthelette.

Le CLIPP fait aussi la promotion de ses outils. «J'aimerais augmenter nos efforts de ce côté afin d'assurer une croissance de nos revenus», confie la présidente. L'organisme fonctionne grâce à une subvention du ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, à des dons de fondations privées et à des fonds de chercheurs qui collaborent au CLIPP.

10 ans pour le CLIPP

En novembre dernier, le CLIPP a organisé un colloque à l'occasion de son 10e anniversaire. Après une décennie d'existence, le centre est enfin reconnu, autant par les chercheurs que par les travailleurs sur le terrain. «Le transfert des connaissances est à la mode, ce qui fait que nous n'avons plus besoin de justifier notre travail», observe Diane Berthelette.

La professeure souhaite que le CLIPP devienne membre d'un réseau international d'organismes en transfert de connaissances. «Il faut que le CLIPP soit davantage connu à l'étranger. Chaque outil que nous développons peut être adapté aux réalités de différentes cultures et populations», conclut la professeure.

PARTAGER