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Faire une bonne impression…

Pierre Mance oeuvre au Service de reprographie de l’UQAM depuis plus de 35 ans.

Par Pierre-Etienne Caza

22 mars 2010 à 0 h 03

Mis à jour le 2 juin 2022 à 14 h 44

Pierre MancePhoto: Nathalie St-Pierre

«Nous sommes les travailleurs de l’ombre, car les gens ne voient que le produit final», confie Pierre Mance, opérateur de duplicateur au Service de production de la Reprographie de l’UQAM. Il est vrai que M. Mance et ses acolytes, dont les locaux sont situés au sous-sol du pavillon des Sciences de la gestion, sont peu visibles. Ils jouent pourtant un rôle essentiel dans les rouages de l’Université, puisque ce sont eux qui impriment les notes de cours, les brochures promotionnelles, les cartons d’invitation, les affiches et autres signets, de même que plusieurs travaux étudiants. «Au cours des 40 dernières années, notre métier s’est transformé de façon radicale», souligne Pierre Mance, sans aucune nostalgie. L’âge d’or des plaques d’imprimerie confectionnées «à la mitaine»? Très peu pour lui!

Pierre Mance se rappelle exactement sa date d’embauche à l’UQAM : le 16 novembre 1972. «J’ai d’abord travaillé dans les locaux de l’ancien collège Sainte-Marie, puis aux pavillons Riverin 1 et Riverin 2, rue de Bleury, avant de déménager dans les locaux tout neufs du pavillon Judith-Jasmin», raconte-t-il. À une époque où les ordinateurs ne faisaient pas encore partie du paysage, M. Mance était chargé de fabriquer les plaques d’imprimerie, un travail qui exige de la minutie et une patience d’ange. «L’impression d’une affiche avec des photographies nécessitait l’utilisation des négatifs, c’était vraiment très long», se rappelle-t-il en riant.

Une nouvelle ère

Ce sont les bouleversements technologiques qui ont le plus marqué la carrière de Pierre Mance. L’avènement des ordinateurs, puis le développement fulgurant des logiciels comme Illustrator, Quark Xpress et InDesign, ont transformé radicalement l’univers de la reprographie. L’UQAM, par exemple, a cessé de produire les plaques d’imprimerie à l’interne pour se tourner vers un fournisseur externe. «Quand on m’a annoncé qu’on abolissait mon poste pour en créer un nouveau, j’étais l’homme le plus heureux du monde, raconte Pierre Mance. Nous sommes alors passés à des méthodes modernes plus performantes.»

M. Mance se rappelle les premiers ordinateurs, qui bénéficiaient seulement de 2 Go de mémoire! «À cette époque, les ordinateurs «gelaient» souvent et cela rendait notre travail difficile», dit-il. Le développement de nouveaux logiciels l’a forcé à se perfectionner et l’ordinateur est devenu son plus fidèle outil de travail. «Il y a 30 ans, je n’aurais jamais pensé travailler avec un ordinateur, alors qu’aujourd’hui, je passe mes journées devant!», poursuit-il en riant. Sur son écran défilent les travaux en cours dans «sa» machine, un immense appareil d’impression numérique en couleurs. «Je ne sais jamais ce qui m’attend le matin et c’est ce qui rend mon travail si plaisant, dit-il. Ce peut être des signets, des cartons d’invitation, des affiches pour le Centre sportif, des cartes de visite, etc.»

La vague environnementale

Aujourd’hui, le Service de Reprographie de l’UQAM, qui a pignon sur rue, dessert autant les clientèles internes qu’externes à l’UQAM. «Nous observons depuis quelques années une baisse des demandes en matière de reprographie, souligne-t-il. Cela est dû à plusieurs facteurs. D’une part, l’UQAM n’oblige plus les départements et les unités administratives à traiter exclusivement avec nous pour l’impression de leurs documents; d’autre part, l’accent a été mis au cours des dernières années sur la création de sites Web et de documents électroniques afin de réduire la consommation de papier. Nous le ressentons, car auparavant notre travail était un feu roulant, tandis qu’aujourd’hui, nous avons des pointes surtout en début de trimestre.»

Lentement, mais sûrement, la demande évolue pour du papier 100 % recyclé, observe-t-il. «Il y en a encore peu, car le papier recyclé n’a pas le même fini, mais on sent que le vent tourne de plus en plus en ce sens.»

Fier papa d’un jeune homme de 30 ans et d’une jeune femme de 32, Pierre Mance voit la retraite approcher, mais il n’a pas de plans prédéterminés. «Il me reste deux à trois ans de travail, alors je ne suis pas rendu là, dit-il. Tout ce que je sais, pour avoir vu partir à la retraite d’anciens collègues, c’est que ce sera émouvant. Au fil des ans, les gens de la Reprographie sont devenus un peu comme ma famille.»