Mission INTERPARSE

20 Avril 2009 à 0H00

En mars dernier, Katarzyna Barej, étudiante à la maîtrise en finance à la Warsaw School of Economics de Varsovie, est arrivée au Québec avec un mandat bien précis : sonder le marché canadien pour Flowair, une entreprise polonaise spécialisée dans les produits de chauffage industriel. L'étudiante devenait ainsi la première à effectuer un séjour d'études à l'ESG UQAM dans le cadre d'un nouveau projet de mobilité étudiante, intitulé INTERPARSE (pour International Trade Education in Partnership with Small and Medium Sized Enterprises).

«Depuis quelques années, les évaluateurs d'EQUIS soulignent que le nombre d'étudiants de l'ESG UQAM qui bénéficient de séjour d'études à l'étranger pourrait être plus élevé, explique le professeur Michel Librowicz, du Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale. J'ai souhaité faire ma part pour rehausser ce nombre.»

Le professeur Librowicz, titulaire de la Chaire Philippe-Pariseault de formation en mondialisation des marchés de l'agro-alimentaire, souhaitait soumettre un projet de mobilité étudiante dans le cadre d'un concours conjoint du gouvernement fédéral canadien et de l'Union européenne. «Les conditions du concours stipulaient que chaque projet devait impliquer au moins trois pays de l'Union européenne et au moins deux institutions canadiennes de deux provinces différentes», explique-t-il.

Le professeur n'a pas hésité à se tourner vers la Warsaw School of Economics, qui coopère avec l'ESG UQAM depuis 20 ans. Les deux institutions ont donc créé le projet INTERPARSE, auquel se sont joints le North Island College (Colombie-Britannique), la St. Francis Xavier University (Nouvelle-Écosse), l'International School of Management (Allemagne), et l'Université Paris 13 (France). INTERPARSE a été l'un des 11 projets retenus, tous domaines confondus. «Les projets provenaient de toutes les universités canadiennes et européennes», souligne fièrement M. Librowicz.

Les séjours d'étude

INTERPARSE a pour thème le commerce international. «Chaque étudiant doit présenter un projet spécifique dont l'objectif est d'étudier les possibilités d'exportation d'un produit ou d'un service du pays d'origine vers le pays d'accueil», explique le professeur Librowicz. Les étudiants deviennent en quelque sorte les représentants d'une entreprise. Ils doivent produire un plan d'exportation, aider à résoudre des problèmes que des entreprises exportatrices éprouvent ou encore trouver de nouveaux fournisseurs.

Financé du côté canadien par le ministère fédéral des Ressources humaines et Développement des compétences, INTERPARSE permet à 10 étudiants de chacune des institutions - ils doivent être inscrits dans un programme d'étude de premier ou de deuxième cycle en administration - de voyager entre l'Union européenne et le Canada, pour un stage de 3 semaines ou de 4 mois. Les échanges ont débuté ce trimestre-ci.

Katarzyna Barej a sauté sur l'occasion pour tenter l'expérience, qui constituait également son premier voyage en Amérique. «Ma première impression est que tout est énorme, dit-elle en riant. Montréal est une ville beaucoup plus vaste que Varsovie et la diversité architecturale me fascine.»

L'étudiante sonde le marché canadien pour la compagnie Flowair, située à Gdynia (un port près de Gdansk, au nord de la Pologne). Celle-ci exporte déjà ses produits de chauffage industriel dans une quinzaine de pays en Europe, mais pas en Amérique du Nord. Avant de quitter Varsovie, Katarzyna a effectué des recherches sur Internet pour trouver des clients potentiels, auxquels elle comptait rendre visite durant son séjour. «J'ai rencontré l'attaché commercial de la Pologne au Canada afin de glaner des informations sur les exportations au Canada et sur les façons de procéder, dit-elle. J'ai aussi assisté à l'exposition internationale Americana au Palais des congrès, dédiée aux échanges techniques, scientifiques et commerciaux dans le secteur de l'industrie environnementale, en plus de participer au Salon international du bâtiment avec la délégation officielle de la Pologne.»

«Nous ne laissons pas les étudiants partir sans les préparer, précise le professeur Librowicz. Par exemple, un plan d'exportation standardisé, spécialement développé pour le programme INTERPARSE, est utilisé par tous les étudiants.»

L'ESG UQAM compte présentement deux étudiants à l'Université Paris 13. Ceux-ci ont pour mission d'étudier les possibilités d'exportation d'un produit québécois sur le marché français. Ils seront de retour au début de l'été. Entre temps, le professeur Librowicz invite à se manifester les étudiants intéressés par un séjour d'études à l'automne.

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